Hommages et témoignages

  • Je lui ai écrit une lettre pour le solliciter une précision concernant l’analyse architectural, que je venais de découvrir dans la Revue de Stomatologie, et qui m’avait tout de suite ébloui par la solidité de ses bases conceptuelles. Surpris par cette lettre, écrite sans doute avec plusieurs fautes de français, qui arrivait du Chili, dans le dernier coin du monde, sa réponse a été une invitation pour le visiter à Nantes. Ici je vous expliquerai tout. Dans ce moment, mon pays souffrait sous la dictature sanglante de Pinochet et je n’avais, autant que sympathisant du Président Allende, aucune possibilité d’une bourse. Je lui ai dit que cela me prendrait un certain temps, et il m’a encore répondu.  » Vous serez toujours le bienvenue » cela m’a donné encore de force et finalement je suis arrivé dans l’année 1986. C’est la meilleure chose que j’aie pu faire, car Mr. Delaire m’a vraiment gâté, il corrigeait mes analyses pendant une demi-heure toutes les semaines jusqu’à ce que un jour il m’a dit ca va, vous l’avez appris. Je dois dire que j’ai reçu son enseignement avec avidité, dans sa consultation, dans l’auditorium, et au bloc opératoire. En l’écoutant c’était pour moi comme un enfant à qui on l’explique la nature des choses, et m’a fait passer de l’obscurité à la lumière de la compréhension.
    Toujours gentil, souriant un jour m’a demandé de le traduire un article écrit en espagnol par une collègue professeur d’histologie en Uruguay qui parlait sur les couches histologiques du cartilage condylien en phoetus humaines. Au moment de le rendre la traduction je m’aperçois que la dernière page manquait, je l’ai cherché partout sans résultats et quand j’allais commencer à m’excuser il m’a dit, non, la dernière est lá. Satisfait par ce qui disait l’article, il m’a dit vous pouvez le garder, et à ce moment je vois la page des références, dont la plupart étaient ses travaux. J’ai compris que son génie allait avec sa modestie.
    Je garde ses lettres manuscrites comme un trésor, et je peux diviser ma vie professionnelle en deux, avant Mr. DELAIRE, et heureusement avec un long après.
    Pour moi il a été toujours un exemple à suivre, un modèle exceptionnel avec qui j’ai eu l’énorme chance de me former.

  • In Memoriam Professeur Jean DELAIRE
    “Acerba semper et inmatura mors eorum qui inmortale aliquid parant”
    (La mort de ceux qui projettent quelque chose d´immortel est toujours cruelle et
    prématuré).
    Plinio Le Jeune, Epistolae, IX, 5
    Avec le décés du Professeur Delaire, génie et esprit visionnaire et lucide, clinicien et
    chercheur infatigable, avec des idées au début qui étaient en avance pour son époque,
    il s´en va un des Maîtres de la Médecine, la Stomatologie, l´Orthopédie Dento-Faciale et
    la Chirurgie Maxillo-Faciale.
    La liste de ses Titres et travaux est immense et sa capacité pédagogique hors du
    commun, mais je gardereai, surtout dans ces circonstances, le souvenir de sa qualité
    humaine et générosité car a chaque fois que nous l´avions sollicité de venir en Espagne
    nous faire part de ses connaissances, il avait toujours répondu oui.
    Des fois à l´Université d´Oviedo pour des Master Class pour les étudiants de la spécialité
    en Orthodontie et Orthopédie Dento-Faciale mais aussi -et c´est pour moi un des mes
    meilleurs souvenirs que je garde bien dans la mémoire- à l´occasion du 76º Congrès de
    la S.F.O.D.F. qui s´est tenu à Santander, accompagné de Madame Delaire, et dans lequel
    nous avions eu le privilège d´avoir le Professeur Delaire comme Président d´Honneur de
    la Réunion.
    D´une certaine manière, c´est comme si nous les praticiens qui nous nous consacrons
    aux disciplines qu´il avait cultivée, nous aurions restés un peu orphelins mais son
    héritage scientifique, pédagogique et bibliographique restera toujours.
    Je ne voudrais pas conclure ces mots pour transmettre a tous mes confréres et
    consoeurs de l´Intitut Delaire ainsi qu´à sa famille mes sincères condoléances.
    Merci beucoup Professeur Delaire, reposez en paix.
    Emilio Macías Escalada

  • Le Professeur Jean Delaire, ancien chef de service de chirurgie maxillo- faciale de Nantes, nous a quitté le 29 novembre 2022. Il fut un grand maître de cette discipline, et nous a tant apporté au Club International de Morphologie Faciale par sa vision toujours plus approfondie de l’anatomie, notamment celle des sutures faciales et de leur fonctionnalité. Dès 1965, il a associé la plagiocéphalie positionnelle aux troubles de l’articulé dentaire.

    Il fut l’un des premiers à ouvrir ses journées professionnelles de conférences aux ostéopathes et à reconnaître très précocement l’utilité de notre pratique de l’ostéopathie dans le champ de l’orthopédie dentofaciale précoce. Il fut un enseignant brillant, il a permis à deux générations d’ostéopathes d’élargir le champ de nos connaissances et de nos compétences.

    Merci Monsieur le Professeur
    Roselyne Lalauze-Pol
    Présidente honoraire et le bureau de la SEROPP

  • Hommage au Pr Delaire lu en l’Eglise Notre Dame de Bon Port, le 07 décembre 2022
    Le Dr Salagnac a connu mieux que quiconque le Pr Delaire. Il a été son plus fidèle élève et a retranscrit avec justesse l’admiration qu’il a suscitée autour de lui.
    Je fais partie d’une génération de praticiens cinquantenaires qui ont connu le Pr Delaire longtemps après son retrait de la vie hospitalo-universitaire et c’est un peu en leur nom que je m’adresse à vous aujourd’hui. Nous, rééducateurs, orthodontistes, stomatologues, chirurgiens maxillo-faciaux, avons vécu par procuration l’histoire de la Stomatologie nantaise que nous a si bien rappelée Jean-Michel Salagnac ; c’est en partie grâce à lui, mais à aussi à Jacques Schmidt, Jacques Billet, et bien d’autres encore que nous avons découvert le masque, l’analyse structurale et architecturale, la théorie de croissance cranio-faciale et bien d’autres travaux réalisés par le Pr Delaire et ses collaborateurs. Pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de suivre le DU d’Orthopédie dento-maxillo-faciale, c’est essentiellement grâce aux journées de l’AREMACC à l’Hôtel Mercure, ou lors des cours que le Pr Delaire donnait Boulevard Guist’hau que nous avons finalement le plus appris de lui.
    Pour les chirurgiens, cette connaissance a été transmise par ses plus brillants élèves – Jean-Claude Talmant, Jean-François Tulasne, Jacques Mercier, Joël Ferri pour ne citer qu’eux -, et c’est à travers leurs mains et leur esprit talentueux que l’on a pu mesurer la portée immense de ses concepts sur la chirurgie fonctionnelle.
    Ce savoir a toujours été disponible pour tous sous forme de publications ou de passionnantes conférences, données en France et à l’étranger, et c’est grâce à cette ouverture aux autres que Le Pr Delaire a fondé de véritables écoles de pensée en Corée du Sud avec les Prs Yi et Lee, au Chili avec les Pr Pantoja, Villanueva, Cordova, en Allemagne avec le Pr Hyos, au Canada avec le Pr Precious, en Italie, en Belgique.
    Durant ces 10 dernières années, le Pr delaire a pu compter sur le dévouement de jeunes professionnels pour continuer à dispenser son enseignement, mais aussi pour l’aider à poursuivre ses travaux de recherche. Je pense bien sûr à l’aide précieuse de Flavien Lombard pour l’analyse céphalométrique et à Benjamin Fournier pour l’anémosonomètre. Enfin, le Pr Delaire a pu compter sur Isabelle Deplanque, son aide de vie, discrète et essentielle, qui l’a accompagné jusqu’au dernier instant.
    Voyant le temps passer, et les forces progressivement le quitter, il a confié en 2019 cette charge d’enseignement à l’Institut Jean Delaire, fondé en 2020, dont les objectifs sont de rassembler, de diffuser et développer ses travaux.
    L’homme s’est éteint le 29 novembre 2022, mais son œuvre est appelée à lui survivre longtemps, tant qu’il existera des praticiens à la recherche de meilleurs diagnostics et de meilleurs traitements pour leurs patients.
    Aujourd’hui, c’est au nom de ces générations successives de praticiens, rééducateurs, orthodontistes, stomatologues, chirurgiens maxillo-faciaux français et étrangers, qui vous rendent hommage depuis plusieurs jours déjà, que je vous dis simplement « Merci Monsieur Delaire ».

  • A notre Maitre féru de nous faire partager sa passion sur l’évolution de l’homme, la croissance cranio faciale et ses incidences sur les malformations
    Tous les jours vous êtes présent dans mon exercice et m’aidez dans mes réflexions et pratiques professionnelles et privées. Merci. Reposez en paix

  • C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès de Jean Delaire.
    Ses travaux, son enseignement, sa gentillesse et sa générosité ont apporté beaucoup aux professionnels de santé qu’il a formé.
    Ses travaux sur la croissance et l’analyse céphalométrique qu’il a créé demeureront.
    Cela a été un honneur de suivre son enseignement.

  • Une rencontre qui a tout changé. Première année de spécialité, je faisais des trajets en train de nuit de Lyon à Nantes (pour être à l’heure !). J’y suis allée la première fois en râlant : c’était loin, un professeur du troisième âge? (ah l’arrogance de la jeunesse)…J’y suis retournée avec hâte toutes les autres fois. Il avait 89 ans lors de notre première rencontre et c’était la première fois que je rencontrais un esprit vif comme le sien. Il faisait à chaque instant remuer ses convictions (et les nôtres).
    Il manquera aux siens bien sur, à qui j’adresse mes plus sincères condoléances.
    Mais aussi à ses pairs à qui il a tant apporté. Son héritage professionnel est immense et il nous appartient de le poursuivre. Sinon nos oreilles vont siffler !!!

  • Docteur Jean FORET
    Liège Belgique
    C’est avec une profonde émotion que j’ai appris par Jean-Michel SALAGNAC le décès du Professeur JEAN DELAIRE.
    J’avais durant toute ma carrière admiré son esprit curieux, toujours avisé et parfois critique devant toutes les idées et théories débitées à longueur d’année dans les innombrables congrès et séminaires. Je crois toutefois que c’était dans des réunions plus intimes, comme celles de l’AREMAC, que son sens pédagogique naturel nous faisait comprendre la complexité de la mastication et de la croissance crânio-cervico-faciale.
    Je me permets de présenter à sa famille mes très sincères condoléances. Je suis certain que le nom du Professeur DELAIRE restera attaché à la stomatologie et à l’orthopédie dento-faciale, non seulement par son aura scientifique mais aussi par sa gentillesse et sa simplicité.

  • Voici donc le départ d’un maître de notre spécialité. Le professeur Jean Delaire a été par ses connaissances, sa puissance de travail, un homme exceptionnel qui a contribué à des avancées considérables dans notre discipline. Homme passionné, curieux de nature, il échangera avec tous les grands noms de son temps, ce qui lui permettra d’ établir ses propres concepts. Ce départ pour triste qu’il soit, ne doit pas être une fin. En effet, Il incombe maintenant à ses élèves de poursuivre sa tache en perpétuant son approche si spécifique des pathologies oro-maxillo-faciales. C’est sans doute le plus bel hommage à lui rendre.

  • Ma rencontre avec le Professeur Delaire en 1984 a été déterminante pour moi, et ses travaux ont guidé au quotidien toute ma carrière d’orthodontiste . Ses rendez vous nantais, au sein de l’AREMACC , comme ses interventions dans les congrès étaient des moments intenses , Son exigence et sa générosité, dans le travail et la transmission de ses idées étaient très grandes, et un exemple de partage à suivre. Par ses multiples travaux, et publications, il a ouvert beaucoup de chemins thérapeutiques et, en nous précédant, nous a fait gagner beaucoup de temps, . Cependant , il acceptait toujours le dialogue autour d’un complément de réflexion pour améliorer les connaissances et donc le service à rendre aux personnes qui nous faisaient confiance . J’ai eu l’occasion de partager d’autres sujets avec lui, et ainsi avais suivi son dévouement lors de la longue maladie de son épouse . Il a beaucoup sacrifié de sa vie personnelle à la profession.
    Merci Professeur Delaire reposez en paix.

  • Jean Michel SALAGNAC
    C’est avec une profonde émotion que la disparition du professeur Jean Delaire, qui fut mon guide et mon maitre dès le début de ma carrière, me remis en mémoire un rapport ancien qui classait les praticiens en trois catégories :
    – Ceux qui peuvent parler
    – Ceux qui peuvent écrire
    – Ceux qui peuvent faire.
    De temps en temps, il en est un qui peut appartenir à deux catégories, mais il est tout à fait exceptionnel d’en trouver un qui satisfasse aux trois exigences.
    Des années passées à écouter son enseignement, à recevoir ses conseils, à lire ses nombreuses publications et à voir de nombreux patients lui témoigner leur gratitude, m’obligent à ajouter pour le professeur Jean Delaire une quatrième dimension : celle de l’humaniste, emprunt de simplicité, de hauteur d’esprit et de cœur qui en fait l’exception. Il fut l’un des plus éminents représentants de sa profession de la deuxième moitié du XXe siècle.
    Doué d’un sens naturel de la pédagogie, d’une aisance incomparable da la parole, d’une grande clarté d’expression, d’une volonté constante d’enseigner, il possédait en plus le don de mettre ses connaissances à la portée de tous les auditeurs, sans les abaisser. Assister à sa consultation était un privilège, son nom un label et un sésame recherché.
    Son service était ouvert à tous, l’accueil toujours bienveillant et son enseignement original tant dans ses conceptions que dans sa thérapeutique. Il fit rayonner son service dont la réputation dépassa largement les frontières de France comme en témoigne le grand nombre de praticiens étrangers qui sont venus s’y former. Il joua également un rôle prépondérant dans la création et l’organisation de la faculté de chirurgie dentaire de Nantes en 1968 où il dispensa des cours de pathologie.
    C’est tout naturellement qu’il fut pour ses élèves un maitre incomparable et pour ses pairs un confrère respecté et admiré.
    Un esprit d’une clairvoyance et d’une curiosité exceptionnelle, une pensée évolutive (parfois trop rapidement changeante et déroutante pensaient certains) associés à une étonnante puissance de travail lui ont permis de publier d’innombrables travaux qui marquent de leur empreinte indélébile l’orthopédie maxillo-dento-faciale, la stomatologie et la chirurgie maxillo-faciale.
    Professeur de médecine, il dirigea le service de stomatologie et de chirurgie maxillo-faciale du CHU de Nantes de 1959 à 1990 et fut nommé chirurgien honoraire des hôpitaux en 1990 puis professeur émérite à la faculté de médecine de Nantes en 1991.
    Très influencé par les idées novatrices de son maitre Lucien LEBOURG sur le rôle des sutures dans la croissance crânio-faciale, il consacra avec passion une grande partie de sa carrière à l’étude des phénomènes et des lois qui régissent la croissance crânio-faciale. L’observation et l’étude de très nombreux syndromes malformatifs lui fut très riche d’enseignement pour la compréhension des phénomènes de croissance normaux et pathologiques.
    Un travail acharné, une réflexion conceptuelle originale lui ont permis de révolutionner le diagnostic et la thérapeutique de certaines pathologies. C’est ainsi qu’il :
    – Mis au point en 1969 le masque facial à appui fronto-mentonnier, désormais mondialement connu et utilisé sous le nom de « masque de Delaire » qui transforma le traitement des troubles du développement du maxillaire supérieur évitant ainsi de nombreuses interventions de chirurgie orthognatique.
    – Transforma la thérapeutique chirurgicale des fentes labio-maxillo-palatines en proposant et en démontrant les avantages d’une chirurgie « physiologique ».
    – Elabora une méthode d’analyse télé céphalométrique architecturale qui fit faire un bon en avant dans la connaissance et le diagnostic des dysmorphoses cranio-faciales et dento-alvéolaires, restituant ainsi à la céphalométrie et à l’orthopédie dento-faciale leur justification médicale.
    Son influence fut également si déterminante dans beaucoup d’autres domaines de l’odonto-stomatologie, qu’un stomatologiste, un chirurgien maxillo-facial ou un orthodontiste peut difficilement exercer une seule semaine sans se reporter à ses travaux.
    Toutes ses qualités ont donné à Jean DELAIRE une notoriété mondiale qui lui a fait assurer la présidence de nombreux congrès et sociétés scientifiques : (Association Française des Chirurgiens Maxillo-Faciaux de 1976 à 1978, Société Française de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-Faciale de 1979 à 1981, de l’European Association for Maxillo-Facial Surgery de 1983 à 1984… D’être invité à donner de multiples conférences à travers le monde.
    Il fut justement récompensé par de nombreux titres honorifiques :
    – Officier de la légion d’honneur
    – Officier de l’ordre des palmes académiques
    – Membre d’honneur de l’Association Française des Chirurgiens Maxillo-Faciaux
    – Membre d’honneur de la Société Française d’Orthopédie Dento-Faciale.
    – Membre honoraire de l’Académie Nationale de Chirurgie Dentaire
    – Membre honoris causa de la Société Belge de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-Faciale.
    – Docteur honoris causa des universités de Louvain, d’Halifax…
    Comme souvent quand la notoriété devient trop forte quelques voix discordantes, aigries ou peut-être envieuses, se font entendre….mais qu’importe.
    Ces dernières années, malgré le profond désarroi moral provoqué par la disparition de Madame DELAIRE il conserva la volonté et l’énergie de poursuivre son enseignement jusqu’à la limite extrême de ses forces.
    Puisse son enseignement rester vivant et guider encore longtemps les générations actuelles auxquelles il revient le devoir de faire perdurer cet héritage.
    J’ai passé les moments les plus exaltants de ma vie professionnelle dans son service, mais cet hommage à son admirable carrière ne peut se limiter à mon témoignage de gratitude et d’admiration mais il se veut aussi faire écho à la demande de très nombreux confrères qui trouveront là la possibilité de témoigner au professeur Jean Delaire leur gratitude et de lui adresser tout simplement une immense merci et un adieu.
    Parmi tous les témoignes que j’ai reçu, celui en provenance d’un confrère Italien résume parfaitement la pensée de tous ; Il écrit :
    C’est avec une grande tristesse que j’apprends le décès du Professeur Delaire.
    En tant que médecin et en tant que personne, je le considère comme le collègue que j’ai le plus admiré, estimé et respecté.
    Je l’ai rencontré pour un besoin professionnel et j’ai trouvé une personne d’une grande humanité, totalement disponible pour la discussion et les explications, passionnée par son travail, étudiante approfondie de la physiopathologie musculo-squelettique de la face, dans une recherche continue d’amélioration de son technique chirurgicale, totalement dédié à son profession.
    Une grande figure scientifique de la médecine française, à qui il faut adresser les sincères remerciements des patients et confrères pour l’impulsion et l’approfondissement qu’il a donné à sa branche spécialisée.
    J’ai eu l’honneur de publier ses écrits, uniques par leur clarté et leur créativité, et je n’ai jamais pu oublier les échanges de vues qu’ils ont suscités.
    Salutations mon ami

  • Je tiens à témoigner ma reconnaissance au Pr Delaire pour tout ce qu’il m’a appris.
    J’ai eu la chance d’être sa dernière élève et de bénéficier de cours particuliers durant lesquels je le bombardais de questions ce qui le faisait rire.
    Il m’a incité à transmettre mon enthousiasme et mon admiration pour son travail et l’outil extraordinaire qu’il a mis au point.
    Je lui souhaite de reposer en paix.
    Respectueusement,
    Dr Sophie Pierre Butruille.

  • Merci Mr Delaire,
    Pour votre enseignement dont j’ai pu bénéficier alors que vous aviez. 88 ans!
    Il m’est utile chaque jour pour chaque patient.
    Vous resterez un modèle pour de nombreux praticiens. Vous avez marqué l’histoire de la médecine.
    Avec toute mon admiration,

  • Le professeur Jean Delaire nous a quitté le mardi 29 novembre 2022 dans sa centième année.

    Il sera écrit et rappelé, par ailleurs,  ses nombreux et prestigieux titres, travaux, fonctions et distinctions.
    Nous voulons ici rappeler l’Homme et le personnage que ceux qui ont eu la chance de le rencontrer régulièrement ont pu apprécier, chacun à sa manière, à son niveau.
    J’avais pour ma part écrit un article, un peu biaisé, montrant toutefois que les rapports géométriques définis par son analyse acceptaient une certaine laxité. Je tenter de tuer le père après un séjour houleux dans le service de son successeur. Son droit de réponse publié sous mon article était cinglant et lapidaire. Je rentrais  ainsi dans la cour des grands, car être traité de petit con, affirmant le contraire de tout ce qu’il avait toujours constaté, par Mr Delaire c ‘est déjà quelque part sortir du lot. Je ne me démontais pas et lui envoyais mes données. Il me répondait : venez me voir à mes cours à Nantes,  nous la jouerons au bras de fer…
    L’invitation sonnait comme un ordre.
    Quelques mois plus tard, je me rendais à son cours. Il faisait faire un tour de table de présentation. Mon tour arriva… Je me trouvais dans la situation inconfortable d’un joueur d’échecs amateur, devant un échiquier face à Kasparov… « Nimeskern, chirurgien maxillo facial, Mulhouse ».  Un éclat passa dans ses yeux. Il se tourna vers moi et me dit doucement : « Je vous attendais, vous » .  
    Et j’y suis retourné, souvent. Pas assez souvent.
    Un jour il me passait son ordinateur et me disait : « Prends ce que tu veux »… J’ai tout pris. Je lui a juste demandé qui l’avait autorisé à me tutoyer. Le vieux Maître partageait le savoir.
    Un matin avec un collègue orthodontiste, nous avions rendez-vous à 9h du matin avec le Maître pour divers travaux. Nous nous retrouvions devant la porte de l’immeuble vers 8h30, discutant en attendant 9h pour presser sur la sonnette avec rigueur et ponctualité. 8h35… le portable sonne… « Vous êtes où les gars ? Je vous attends pour travailler » …
    Une autre fois, je récupérais tous les travaux de Moos pour aller les faire photocopier. J’aurais pu choisir un autre auteur. Il avait tous les travaux, de tous les auteurs, les connaissaient par coeur, les travaux, et avait rencontré ou côtoyé la plupart des grands auteurs dont il nous racontait les faits d’armes.
    Une autre fois, je récupérais des PDF précieux enregistrés par le Maître, dans un format disparu, sur un programme désuet ne tournant que sur une unique machine faisant des étincelles au démarrage.
    Deux fois, j’étais invité par le Maître à parler à ses symposiums, dont le tout dernier. Je faisais partie du Gang, comme nous nommait, moi et les  autres  disciples qui se reconnaitrons, mademoiselle Vernemouze.
    Une autre fois je présentais, modestement, et avec mes mots,  au Maître une façon de concevoir et comprendre la dualité onde corpuscule. Il me regardait d’un drôle d’air … J’avais l’impression qu’il se disait «  Il est nul en céphalo, mais assez original en vulgarisation scientifique, celui-là »…
    Une autre fois, je lui présentais,  dans ses locaux,  un logiciel d’imagerie permettant de faire des radiographies 2D  d’hémi face droite ou gauche ou de portion de face et toutes sortes de mesures et manipulations à partir du cone beam. Tout ce qu’il ne pouvait pas faire du fait des limitations matérielles de son époque. Le vieux Maître de plus de 80 ans était debout devant l’écran, exalté,  « Montre moi ça, là, tourne, projette l’autre côté, agrandis … je l’ai toujours dit, c ‘est exactement ça, etc etc.. »
    Et de me souvenir des repas de groupe partagés avec lui où il rompait le pain du partage, où il parlait et nous l’écoutions.
    Et il y a cette anecdote avec l’arc électrique qui avait fait perdre connaissance à la patiente, à l’assistante et au Maître, qui heureusement s’était réveillé avant les autres, mais c’est trop long à raconter.
    Et nous étions attentifs, et nous écoutions, et nous rigolions, et nous étions plus vivants et gais que d’habitude.
    Et tant d’autres choses…

    Mon expérience professionnelle avec Mr Delaire me fais penser à cette citation d’Emile CIORAN:

    « Collés à l’immédiat, les gens se nourrissent de vulgarité. De quoi peut-on parler avec eux sinon des hommes ? Et encore, des faits divers, des objets et des soucis, jamais des idées.  Or il n’y a que le concept qui ne soit pas vulgaire. Mais la noblesse de l’abstraction leur est inconnue car, avares de leurs pouvoirs, ils ne sont pas capables de dépenser des énergies pour nourrir ce qui n’est pas : l’idée.  Le vulgaire : l’absence d’abstraction ».

    Il est des gens qui voient ce que les autres ne voient pas. Qui voient les mécanismes, les muscles, les forces, les équilibres et proportions là où d’autres ne voient que des clartés et des opacités. 
    Il y a des gens qui arrivent à systématiser, modéliser cette vision pour révéler l’abstraction invisible  aux autres.

    Il n’y a que le concept qui ne soit pas vulgaire. Ceux de Monsieur le Professeur Delaire alimenteront nos réflexions pendant encore longtemps. 
    Il a rejoint le monde des idées, qui ne sont pas, tout en étant éternelles.

  • Merci pour tout ce que vous nous avez apporté.
    Vous êtes tous les jours présent dans notre esprit.
    Que votre âme repose en paix.

  • Dynamique, ouvert et passionné jusqu’au dernier instant. Merci pour tout ce que vous avez pu nous transmettre. Votre passion est contagieuse.

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