Hommages et témoignages

  • Voici donc le départ d’un maître de notre spécialité. Le professeur Jean Delaire a été par ses connaissances, sa puissance de travail, un homme exceptionnel qui a contribué à des avancées considérables dans notre discipline. Homme passionné, curieux de nature, il échangera avec tous les grands noms de son temps, ce qui lui permettra d’ établir ses propres concepts. Ce départ pour triste qu’il soit, ne doit pas être une fin. En effet, Il incombe maintenant à ses élèves de poursuivre sa tache en perpétuant son approche si spécifique des pathologies oro-maxillo-faciales. C’est sans doute le plus bel hommage à lui rendre.

    And so we bid farewell to a leading figure in our field. Through his knowledge and his tireless work, Professor Jean Delaire was an exceptional man who contributed to considerable advances in our discipline. A passionate man, naturally curious, he engaged in dialogue with all the leading figures of his time, which enabled him to develop his own concepts. His passing, sad as it is, must not be seen as an end. Indeed, it now falls to his students to carry on his work by upholding his highly distinctive approach to oromaxillofacial pathologies. This is undoubtedly the finest tribute we can pay him.

    He aquí, pues, la partida de un maestro de nuestra especialidad. El profesor Jean Delaire fue, por sus conocimientos y su capacidad de trabajo, un hombre excepcional que contribuyó a avances considerables en nuestra disciplina. Hombre apasionado y de naturaleza curiosa, mantuvo un diálogo con todas las grandes figuras de su época, lo que le permitió desarrollar sus propios conceptos. Esta partida, por muy triste que sea, no debe suponer un final. De hecho, ahora corresponde a sus alumnos continuar su labor, perpetuando su enfoque tan específico de las patologías oromaxilofaciales. Sin duda, ese es el mejor homenaje que se le puede rendir.

  • Ma rencontre avec le Professeur Delaire en 1984 a été déterminante pour moi, et ses travaux ont guidé au quotidien toute ma carrière d’orthodontiste . Ses rendez vous nantais, au sein de l’AREMACC , comme ses interventions dans les congrès étaient des moments intenses , Son exigence et sa générosité, dans le travail et la transmission de ses idées étaient très grandes, et un exemple de partage à suivre. Par ses multiples travaux, et publications, il a ouvert beaucoup de chemins thérapeutiques et, en nous précédant, nous a fait gagner beaucoup de temps, . Cependant , il acceptait toujours le dialogue autour d’un complément de réflexion pour améliorer les connaissances et donc le service à rendre aux personnes qui nous faisaient confiance . J’ai eu l’occasion de partager d’autres sujets avec lui, et ainsi avais suivi son dévouement lors de la longue maladie de son épouse . Il a beaucoup sacrifié de sa vie personnelle à la profession.
    Merci Professeur Delaire reposez en paix.

    My meeting with Professor Delaire in 1984 was a defining moment for me, and his work has guided my entire career as an orthodontist on a day-to-day basis. His meetings in Nantes, at AREMACC, as well as his presentations at conferences, were intense experiences. His high standards and generosity, both in his work and in sharing his ideas, were remarkable, and set an example of collaboration worth following. Through his numerous studies and publications, he pioneered many therapeutic approaches and, by paving the way for us, saved us a great deal of time. However, he was always open to discussion aimed at further reflection, with a view to improving our knowledge and, consequently, the service we provided to those who placed their trust in us. I had the opportunity to discuss other matters with him, and thus witnessed his devotion during his wife’s long illness. He sacrificed much of his personal life for the profession.
    Thank you, Professor Delaire. May you rest in peace.

    Mi encuentro con el profesor Delaire en 1984 fue decisivo para mí, y sus trabajos han guiado día a día toda mi carrera como ortodoncista. Sus citas en Nantes, en el seno de la AREMACC, así como sus intervenciones en los congresos, eran momentos intensos. Su exigencia y su generosidad, tanto en el trabajo como en la transmisión de sus ideas, eran enormes y constituían un ejemplo de generosidad a seguir. A través de sus múltiples trabajos y publicaciones, abrió muchos caminos terapéuticos y, al irnos por delante, nos ahorró mucho tiempo. Sin embargo, siempre estaba abierto al diálogo para aportar nuevas reflexiones con el fin de mejorar los conocimientos y, por tanto, el servicio que prestábamos a las personas que depositaban su confianza en nosotros. Tuve la oportunidad de compartir otros temas con él y, de este modo, fui testigo de su dedicación durante la larga enfermedad de su esposa. Sacrificó gran parte de su vida personal por la profesión.
    Gracias, profesor Delaire. Descanse en paz.

  • Jean Michel SALAGNAC
    C’est avec une profonde émotion que la disparition du professeur Jean Delaire, qui fut mon guide et mon maitre dès le début de ma carrière, me remis en mémoire un rapport ancien qui classait les praticiens en trois catégories :
    – Ceux qui peuvent parler
    – Ceux qui peuvent écrire
    – Ceux qui peuvent faire.
    De temps en temps, il en est un qui peut appartenir à deux catégories, mais il est tout à fait exceptionnel d’en trouver un qui satisfasse aux trois exigences.
    Des années passées à écouter son enseignement, à recevoir ses conseils, à lire ses nombreuses publications et à voir de nombreux patients lui témoigner leur gratitude, m’obligent à ajouter pour le professeur Jean Delaire une quatrième dimension : celle de l’humaniste, emprunt de simplicité, de hauteur d’esprit et de cœur qui en fait l’exception. Il fut l’un des plus éminents représentants de sa profession de la deuxième moitié du XXe siècle.
    Doué d’un sens naturel de la pédagogie, d’une aisance incomparable da la parole, d’une grande clarté d’expression, d’une volonté constante d’enseigner, il possédait en plus le don de mettre ses connaissances à la portée de tous les auditeurs, sans les abaisser. Assister à sa consultation était un privilège, son nom un label et un sésame recherché.
    Son service était ouvert à tous, l’accueil toujours bienveillant et son enseignement original tant dans ses conceptions que dans sa thérapeutique. Il fit rayonner son service dont la réputation dépassa largement les frontières de France comme en témoigne le grand nombre de praticiens étrangers qui sont venus s’y former. Il joua également un rôle prépondérant dans la création et l’organisation de la faculté de chirurgie dentaire de Nantes en 1968 où il dispensa des cours de pathologie.
    C’est tout naturellement qu’il fut pour ses élèves un maitre incomparable et pour ses pairs un confrère respecté et admiré.
    Un esprit d’une clairvoyance et d’une curiosité exceptionnelle, une pensée évolutive (parfois trop rapidement changeante et déroutante pensaient certains) associés à une étonnante puissance de travail lui ont permis de publier d’innombrables travaux qui marquent de leur empreinte indélébile l’orthopédie maxillo-dento-faciale, la stomatologie et la chirurgie maxillo-faciale.
    Professeur de médecine, il dirigea le service de stomatologie et de chirurgie maxillo-faciale du CHU de Nantes de 1959 à 1990 et fut nommé chirurgien honoraire des hôpitaux en 1990 puis professeur émérite à la faculté de médecine de Nantes en 1991.
    Très influencé par les idées novatrices de son maitre Lucien LEBOURG sur le rôle des sutures dans la croissance crânio-faciale, il consacra avec passion une grande partie de sa carrière à l’étude des phénomènes et des lois qui régissent la croissance crânio-faciale. L’observation et l’étude de très nombreux syndromes malformatifs lui fut très riche d’enseignement pour la compréhension des phénomènes de croissance normaux et pathologiques.
    Un travail acharné, une réflexion conceptuelle originale lui ont permis de révolutionner le diagnostic et la thérapeutique de certaines pathologies. C’est ainsi qu’il :
    – Mis au point en 1969 le masque facial à appui fronto-mentonnier, désormais mondialement connu et utilisé sous le nom de « masque de Delaire » qui transforma le traitement des troubles du développement du maxillaire supérieur évitant ainsi de nombreuses interventions de chirurgie orthognatique.
    – Transforma la thérapeutique chirurgicale des fentes labio-maxillo-palatines en proposant et en démontrant les avantages d’une chirurgie « physiologique ».
    – Elabora une méthode d’analyse télé céphalométrique architecturale qui fit faire un bon en avant dans la connaissance et le diagnostic des dysmorphoses cranio-faciales et dento-alvéolaires, restituant ainsi à la céphalométrie et à l’orthopédie dento-faciale leur justification médicale.
    Son influence fut également si déterminante dans beaucoup d’autres domaines de l’odonto-stomatologie, qu’un stomatologiste, un chirurgien maxillo-facial ou un orthodontiste peut difficilement exercer une seule semaine sans se reporter à ses travaux.
    Toutes ses qualités ont donné à Jean DELAIRE une notoriété mondiale qui lui a fait assurer la présidence de nombreux congrès et sociétés scientifiques : (Association Française des Chirurgiens Maxillo-Faciaux de 1976 à 1978, Société Française de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-Faciale de 1979 à 1981, de l’European Association for Maxillo-Facial Surgery de 1983 à 1984… D’être invité à donner de multiples conférences à travers le monde.
    Il fut justement récompensé par de nombreux titres honorifiques :
    – Officier de la légion d’honneur
    – Officier de l’ordre des palmes académiques
    – Membre d’honneur de l’Association Française des Chirurgiens Maxillo-Faciaux
    Membre d’honneur de la Société Française d’Orthopédie Dento-Faciale.
    – Membre honoraire de l’Académie Nationale de Chirurgie Dentaire
    – Membre honoris causa de la Société Belge de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-Faciale.
    – Docteur honoris causa des universités de Louvain, d’Halifax…
    Comme souvent quand la notoriété devient trop forte quelques voix discordantes, aigries ou peut-être envieuses, se font entendre….mais qu’importe.
    Ces dernières années, malgré le profond désarroi moral provoqué par la disparition de Madame DELAIRE il conserva la volonté et l’énergie de poursuivre son enseignement jusqu’à la limite extrême de ses forces.
    Puisse son enseignement rester vivant et guider encore longtemps les générations actuelles auxquelles il revient le devoir de faire perdurer cet héritage.
    J’ai passé les moments les plus exaltants de ma vie professionnelle dans son service, mais cet hommage à son admirable carrière ne peut se limiter à mon témoignage de gratitude et d’admiration mais il se veut aussi faire écho à la demande de très nombreux confrères qui trouveront là la possibilité de témoigner au professeur Jean Delaire leur gratitude et de lui adresser tout simplement une immense merci et un adieu.
    Parmi tous les témoignes que j’ai reçu, celui en provenance d’un confrère Italien résume parfaitement la pensée de tous ; Il écrit :
    C’est avec une grande tristesse que j’apprends le décès du Professeur Delaire.
    En tant que médecin et en tant que personne, je le considère comme le collègue que j’ai le plus admiré, estimé et respecté.
    Je l’ai rencontré pour un besoin professionnel et j’ai trouvé une personne d’une grande humanité, totalement disponible pour la discussion et les explications, passionnée par son travail, étudiante approfondie de la physiopathologie musculo-squelettique de la face, dans une recherche continue d’amélioration de son technique chirurgicale, totalement dédié à son profession.
    Une grande figure scientifique de la médecine française, à qui il faut adresser les sincères remerciements des patients et confrères pour l’impulsion et l’approfondissement qu’il a donné à sa branche spécialisée.
    J’ai eu l’honneur de publier ses écrits, uniques par leur clarté et leur créativité, et je n’ai jamais pu oublier les échanges de vues qu’ils ont suscités.
    Salutations mon ami

    Jean Michel SALAGNAC

    It was with profound emotion that the passing of Professor Jean Delaire, who was my guide and mentor from the very beginning of my career, brought back to mind an old report that classified practitioners into three categories:

    Those who can speak
    Those who can write
    Those who can do

    Occasionally one finds someone who belongs to two of these categories, but it is truly exceptional to find one who satisfies all three requirements.

    Years spent listening to his teaching, receiving his advice, reading his numerous publications, and witnessing countless patients express their gratitude to him compel me to add a fourth dimension for Professor Jean Delaire: that of the humanist, marked by simplicity, elevation of mind and heart, which made him truly exceptional. He was one of the most eminent representatives of his profession in the second half of the 20th century.

    Gifted with a natural sense of pedagogy, an incomparable ease of speech, great clarity of expression, and a constant will to teach, he also possessed the gift of making his knowledge accessible to all listeners without ever talking down to them. Attending his consultations was a privilege; his name was a hallmark and a much sought-after key.

    His department was open to all, its welcome always warm, and his teaching original both in its concepts and in its therapeutic approach. He brought renown to his department, whose reputation extended far beyond France’s borders, as shown by the large number of foreign practitioners who came to train there. He also played a leading role in the creation and organization of the Faculty of Dental Surgery in Nantes in 1968, where he taught courses in pathology.

    It was only natural that he became an incomparable teacher to his students and a respected and admired colleague to his peers.

    A mind of exceptional clarity and curiosity, an evolving way of thinking (sometimes changing too quickly and disconcertingly, some felt), combined with an astonishing capacity for work, allowed him to publish countless works that left an indelible mark on maxillo-dento-facial orthopedics, stomatology, and maxillofacial surgery.

    A professor of medicine, he headed the Department of Stomatology and Maxillofacial Surgery at Nantes University Hospital from 1959 to 1990, was named honorary hospital surgeon in 1990, and became professor emeritus at the Nantes Faculty of Medicine in 1991.

    Greatly influenced by the innovative ideas of his mentor Lucien Lebourg on the role of sutures in craniofacial growth, he passionately devoted a large part of his career to studying the phenomena and laws governing craniofacial growth. Observing and studying numerous malformation syndromes proved invaluable in understanding both normal and pathological growth processes.

    Tireless work and original conceptual thinking allowed him to revolutionize the diagnosis and treatment of certain conditions. In particular, he:

    Developed in 1969 the fronto-mental support facial mask, now known and used worldwide as the « Delaire mask, » which transformed the treatment of upper jaw development disorders, thereby avoiding numerous orthognathic surgical interventions.
    Transformed the surgical treatment of cleft lip and palate by proposing and demonstrating the advantages of « physiological » surgery.
    Developed an architectural cephalometric analysis method that marked a major advance in understanding and diagnosing craniofacial and dento-alveolar dysmorphoses, restoring medical legitimacy to cephalometry and dento-facial orthopedics.

    His influence was likewise so decisive in many other areas of odonto-stomatology that a stomatologist, maxillofacial surgeon, or orthodontist can hardly practice for even a single week without referring to his work.

    All these qualities earned Jean Delaire worldwide renown, leading him to preside over numerous congresses and scientific societies (the French Association of Maxillofacial Surgeons from 1976 to 1978, the French Society of Stomatology and Maxillofacial Surgery from 1979 to 1981, the European Association for Maxillo-Facial Surgery from 1983 to 1984…) and to be invited to give numerous lectures around the world.

    He was deservedly honored with numerous distinctions:

    Officer of the Legion of Honour
    Officer of the Order of Academic Palms
    Honorary member of the French Association of Maxillofacial Surgeons
    Honorary member of the French Society of Dento-Facial Orthopedics
    Honorary member of the National Academy of Dental Surgery
    Honorary member of the Belgian Society of Stomatology and Maxillofacial Surgery
    Honorary doctorate from the universities of Louvain, Halifax…

    As is often the case when renown becomes too great, a few dissenting, embittered, or perhaps envious voices could be heard… but no matter.

    In recent years, despite the deep emotional distress caused by the passing of Madame Delaire, he retained the will and energy to continue teaching to the very limits of his strength.

    May his teaching remain alive and continue to guide current generations, upon whom now falls the duty of carrying this legacy forward.

    I spent the most exhilarating moments of my professional life in his department, but this tribute to his admirable career cannot be limited to my own testimony of gratitude and admiration; it also seeks to echo the request of the many colleagues who will find here the opportunity to express their gratitude to Professor Jean Delaire and to simply say to him a heartfelt thank you and farewell.

    Among all the testimonies I received, one from an Italian colleague perfectly sums up the thoughts of us all. He writes:

    It is with great sadness that I learn of the passing of Professor Delaire. As a physician and as a person, I consider him the colleague I have most admired, esteemed, and respected. I met him for professional reasons and found a person of great humanity, always fully available for discussion and explanation, passionate about his work, a thorough student of the musculoskeletal physiopathology of the face, in a continuous search for improvement of his surgical technique, and wholly devoted to his profession. A great scientific figure of French medicine, to whom the sincere thanks of patients and colleagues must be extended for the impetus and depth he brought to his specialized field. I had the honor of publishing his writings, unique in their clarity and creativity, and I have never been able to forget the exchanges of views they inspired. Greetings, my friend.

    Jean Michel SALAGNAC

    Fue con profunda emoción que la desaparición del profesor Jean Delaire, quien fue mi guía y mi maestro desde el comienzo de mi carrera, me trajo a la memoria un antiguo informe que clasificaba a los profesionales en tres categorías:

    Los que saben hablar
    Los que saben escribir
    Los que saben hacer

    De vez en cuando aparece alguien que pertenece a dos de estas categorías, pero es verdaderamente excepcional encontrar a uno que satisfaga las tres exigencias.

    Años escuchando sus enseñanzas, recibiendo sus consejos, leyendo sus numerosas publicaciones y viendo a tantos pacientes mostrarle su gratitud, me obligan a añadir para el profesor Jean Delaire una cuarta dimensión: la del humanista, marcado por la sencillez, la altura de espíritu y de corazón que lo convertía en una excepción. Fue uno de los representantes más eminentes de su profesión en la segunda mitad del siglo XX.

    Dotado de un sentido natural de la pedagogía, de una facilidad de palabra incomparable, de una gran claridad de expresión y de una voluntad constante de enseñar, poseía además el don de poner sus conocimientos al alcance de todos los oyentes, sin rebajarlos. Asistir a su consulta era un privilegio; su nombre era un sello distintivo y una llave muy buscada.

    Su servicio estaba abierto a todos, la acogida siempre cordial y su enseñanza original tanto en sus conceptos como en su terapéutica. Dio prestigio a su servicio, cuya reputación superó ampliamente las fronteras de Francia, como lo demuestra el gran número de profesionales extranjeros que acudieron allí a formarse. Desempeñó también un papel destacado en la creación y organización de la Facultad de Cirugía Dental de Nantes en 1968, donde impartió cursos de patología.

    Fue natural que se convirtiera para sus alumnos en un maestro incomparable y para sus colegas en un compañero respetado y admirado.

    Una mente de una clarividencia y curiosidad excepcionales, un pensamiento evolutivo (a veces demasiado cambiante y desconcertante, pensaban algunos) unido a una asombrosa capacidad de trabajo, le permitieron publicar innumerables trabajos que dejaron una huella indeleble en la ortopedia maxilo-dento-facial, la estomatología y la cirugía maxilofacial.

    Profesor de medicina, dirigió el servicio de Estomatología y Cirugía Maxilofacial del Hospital Universitario de Nantes de 1959 a 1990, fue nombrado cirujano honorario de hospitales en 1990 y luego profesor emérito de la Facultad de Medicina de Nantes en 1991.

    Muy influido por las ideas innovadoras de su maestro Lucien Lebourg sobre el papel de las suturas en el crecimiento craneofacial, dedicó con pasión gran parte de su carrera al estudio de los fenómenos y leyes que rigen el crecimiento craneofacial. La observación y el estudio de numerosos síndromes malformativos le resultaron muy valiosos para comprender los procesos de crecimiento normales y patológicos.

    Un trabajo incansable y una reflexión conceptual original le permitieron revolucionar el diagnóstico y el tratamiento de ciertas patologías. Así:

    Desarrolló en 1969 la máscara facial de apoyo fronto-mentoniano, hoy conocida y utilizada en todo el mundo como la « máscara de Delaire », que transformó el tratamiento de los trastornos del desarrollo del maxilar superior, evitando así numerosas intervenciones de cirugía ortognática.
    Transformó la terapéutica quirúrgica de las fisuras labio-máxilo-palatinas proponiendo y demostrando las ventajas de una cirugía « fisiológica ».
    Elaboró un método de análisis telecefalométrico arquitectural que supuso un gran avance en el conocimiento y diagnóstico de las dismorfosis craneofaciales y dento-alveolares, devolviendo así a la cefalometría y a la ortopedia dento-facial su justificación médica.

    Su influencia fue igualmente tan determinante en muchos otros campos de la odontoestomatología, que un estomatólogo, un cirujano maxilofacial o un ortodoncista difícilmente puede ejercer una sola semana sin consultar sus trabajos.

    Todas estas cualidades le dieron a Jean Delaire una notoriedad mundial que le llevó a presidir numerosos congresos y sociedades científicas (Asociación Francesa de Cirujanos Maxilofaciales de 1976 a 1978, Sociedad Francesa de Estomatología y Cirugía Maxilofacial de 1979 a 1981, la European Association for Maxillo-Facial Surgery de 1983 a 1984…) y a ser invitado a dar múltiples conferencias por todo el mundo.

    Fue justamente recompensado con numerosos títulos honoríficos:

    Oficial de la Legión de Honor
    Oficial de la Orden de las Palmas Académicas
    Miembro de honor de la Asociación Francesa de Cirujanos Maxilofaciales
    Miembro de honor de la Sociedad Francesa de Ortopedia Dento-Facial
    Miembro honorario de la Academia Nacional de Cirugía Dental
    Miembro honoris causa de la Sociedad Belga de Estomatología y Cirugía Maxilofacial
    Doctor honoris causa de las universidades de Lovaina, Halifax…

    Como suele ocurrir cuando la notoriedad se vuelve demasiado grande, se dejaron oír algunas voces discordantes, amargadas o quizás envidiosas… pero no importa.

    En estos últimos años, a pesar del profundo desconsuelo moral provocado por la desaparición de la señora Delaire, conservó la voluntad y la energía para continuar su enseñanza hasta el límite extremo de sus fuerzas.

    Que su enseñanza siga viva y guíe aún por mucho tiempo a las generaciones actuales, a quienes corresponde ahora el deber de hacer perdurar este legado.

    Pasé los momentos más apasionantes de mi vida profesional en su servicio, pero este homenaje a su admirable carrera no puede limitarse a mi testimonio de gratitud y admiración; quiere también hacerse eco de la petición de numerosos colegas que encontrarán aquí la posibilidad de testimoniar al profesor Jean Delaire su gratitud y de dirigirle sencillamente un enorme agradecimiento y una despedida.

    Entre todos los testimonios que recibí, uno proveniente de un colega italiano resume perfectamente el pensamiento de todos. Escribe:

    Es con gran tristeza que me entero del fallecimiento del profesor Delaire. Como médico y como persona, lo considero el colega que más he admirado, estimado y respetado. Lo conocí por necesidad profesional y encontré a una persona de gran humanidad, totalmente disponible para la discusión y las explicaciones, apasionada por su trabajo, estudiosa profunda de la fisiopatología musculoesquelética de la cara, en una búsqueda continua de mejora de su técnica quirúrgica, totalmente dedicada a su profesión. Una gran figura científica de la medicina francesa, a quien deben dirigirse los sinceros agradecimientos de pacientes y colegas por el impulso y la profundización que dio a su rama especializada. Tuve el honor de publicar sus escritos, únicos por su claridad y creatividad, y nunca he podido olvidar los intercambios de opiniones que suscitaron. Saludos, amigo mío.

  • Je tiens à témoigner ma reconnaissance au Pr Delaire pour tout ce qu’il m’a appris.
    J’ai eu la chance d’être sa dernière élève et de bénéficier de cours particuliers durant lesquels je le bombardais de questions ce qui le faisait rire.
    Il m’a incité à transmettre mon enthousiasme et mon admiration pour son travail et l’outil extraordinaire qu’il a mis au point.
    Je lui souhaite de reposer en paix.
    Respectueusement,
    Dr Sophie Pierre Butruille.

    I would like to express my gratitude to Prof. Delaire for everything he taught me.
    I had the good fortune of being his last student and of receiving private lessons during which I bombarded him with questions, which made him laugh.
    He encouraged me to pass on my enthusiasm and admiration for his work and for the extraordinary tool he developed.
    I wish him to rest in peace.
    Respectfully,
    Dr. Sophie Pierre Butruille.

    Quiero expresar mi agradecimiento al Prof. Delaire por todo lo que me enseñó.
    Tuve la suerte de ser su última alumna y de recibir clases particulares durante las cuales lo bombardeaba de preguntas, lo que le hacía reír.
    Me animó a transmitir mi entusiasmo y mi admiración por su trabajo y por la extraordinaria herramienta que desarrolló.
    Le deseo que descanse en paz.
    Respetuosamente,
    Dra. Sophie Pierre Butruille.

  • Merci Mr Delaire,
    Pour votre enseignement dont j’ai pu bénéficier alors que vous aviez. 88 ans!
    Il m’est utile chaque jour pour chaque patient.
    Vous resterez un modèle pour de nombreux praticiens. Vous avez marqué l’histoire de la médecine.
    Avec toute mon admiration,

    Thank you, Mr. Delaire,
    For your teaching, which I was fortunate to benefit from when you were already 88 years old!
    It serves me every day, for every patient.
    You will remain a role model for many practitioners. You left your mark on the history of medicine.
    With all my admiration,

    Gracias, Sr. Delaire,
    Por su enseñanza, de la que pude beneficiarme cuando usted ya tenía 88 años.
    Me es útil cada día, con cada paciente.
    Seguirá siendo un modelo para numerosos profesionales. Ha dejado huella en la historia de la medicina.
    Con toda mi admiración,

  • Le professeur Jean Delaire nous a quitté le mardi 29 novembre 2022 dans sa centième année.

    Il sera écrit et rappelé, par ailleurs,  ses nombreux et prestigieux titres, travaux, fonctions et distinctions.
    Nous voulons ici rappeler l’Homme et le personnage que ceux qui ont eu la chance de le rencontrer régulièrement ont pu apprécier, chacun à sa manière, à son niveau.
    J’avais pour ma part écrit un article, un peu biaisé, montrant toutefois que les rapports géométriques définis par son analyse acceptaient une certaine laxité. Je tenter de tuer le père après un séjour houleux dans le service de son successeur. Son droit de réponse publié sous mon article était cinglant et lapidaire. Je rentrais  ainsi dans la cour des grands, car être traité de petit con, affirmant le contraire de tout ce qu’il avait toujours constaté, par Mr Delaire c ‘est déjà quelque part sortir du lot. Je ne me démontais pas et lui envoyais mes données. Il me répondait : venez me voir à mes cours à Nantes,  nous la jouerons au bras de fer…
    L’invitation sonnait comme un ordre.
    Quelques mois plus tard, je me rendais à son cours. Il faisait faire un tour de table de présentation. Mon tour arriva… Je me trouvais dans la situation inconfortable d’un joueur d’échecs amateur, devant un échiquier face à Kasparov… « Nimeskern, chirurgien maxillo facial, Mulhouse ».  Un éclat passa dans ses yeux. Il se tourna vers moi et me dit doucement : « Je vous attendais, vous » .  
    Et j’y suis retourné, souvent. Pas assez souvent.
    Un jour il me passait son ordinateur et me disait : « Prends ce que tu veux »… J’ai tout pris. Je lui a juste demandé qui l’avait autorisé à me tutoyer. Le vieux Maître partageait le savoir.
    Un matin avec un collègue orthodontiste, nous avions rendez-vous à 9h du matin avec le Maître pour divers travaux. Nous nous retrouvions devant la porte de l’immeuble vers 8h30, discutant en attendant 9h pour presser sur la sonnette avec rigueur et ponctualité. 8h35… le portable sonne… « Vous êtes où les gars ? Je vous attends pour travailler » …
    Une autre fois, je récupérais tous les travaux de Moos pour aller les faire photocopier. J’aurais pu choisir un autre auteur. Il avait tous les travaux, de tous les auteurs, les connaissaient par coeur, les travaux, et avait rencontré ou côtoyé la plupart des grands auteurs dont il nous racontait les faits d’armes.
    Une autre fois, je récupérais des PDF précieux enregistrés par le Maître, dans un format disparu, sur un programme désuet ne tournant que sur une unique machine faisant des étincelles au démarrage.
    Deux fois, j’étais invité par le Maître à parler à ses symposiums, dont le tout dernier. Je faisais partie du Gang, comme nous nommait, moi et les  autres  disciples qui se reconnaitrons, mademoiselle Vernemouze.
    Une autre fois je présentais, modestement, et avec mes mots,  au Maître une façon de concevoir et comprendre la dualité onde corpuscule. Il me regardait d’un drôle d’air … J’avais l’impression qu’il se disait «  Il est nul en céphalo, mais assez original en vulgarisation scientifique, celui-là »…
    Une autre fois, je lui présentais,  dans ses locaux,  un logiciel d’imagerie permettant de faire des radiographies 2D  d’hémi face droite ou gauche ou de portion de face et toutes sortes de mesures et manipulations à partir du cone beam. Tout ce qu’il ne pouvait pas faire du fait des limitations matérielles de son époque. Le vieux Maître de plus de 80 ans était debout devant l’écran, exalté,  « Montre moi ça, là, tourne, projette l’autre côté, agrandis … je l’ai toujours dit, c ‘est exactement ça, etc etc.. »
    Et de me souvenir des repas de groupe partagés avec lui où il rompait le pain du partage, où il parlait et nous l’écoutions.
    Et il y a cette anecdote avec l’arc électrique qui avait fait perdre connaissance à la patiente, à l’assistante et au Maître, qui heureusement s’était réveillé avant les autres, mais c’est trop long à raconter.
    Et nous étions attentifs, et nous écoutions, et nous rigolions, et nous étions plus vivants et gais que d’habitude.
    Et tant d’autres choses…

    Mon expérience professionnelle avec Mr Delaire me fais penser à cette citation d’Emile CIORAN:

    « Collés à l’immédiat, les gens se nourrissent de vulgarité. De quoi peut-on parler avec eux sinon des hommes ? Et encore, des faits divers, des objets et des soucis, jamais des idées.  Or il n’y a que le concept qui ne soit pas vulgaire. Mais la noblesse de l’abstraction leur est inconnue car, avares de leurs pouvoirs, ils ne sont pas capables de dépenser des énergies pour nourrir ce qui n’est pas : l’idée.  Le vulgaire : l’absence d’abstraction ».

    Il est des gens qui voient ce que les autres ne voient pas. Qui voient les mécanismes, les muscles, les forces, les équilibres et proportions là où d’autres ne voient que des clartés et des opacités. 
    Il y a des gens qui arrivent à systématiser, modéliser cette vision pour révéler l’abstraction invisible  aux autres.

    Il n’y a que le concept qui ne soit pas vulgaire. Ceux de Monsieur le Professeur Delaire alimenteront nos réflexions pendant encore longtemps. 
    Il a rejoint le monde des idées, qui ne sont pas, tout en étant éternelles.

    Professor Jean Delaire left us on Tuesday, November 29, 2022, in his hundredth year.

    His numerous and prestigious titles, works, positions, and honors will be recorded and recalled elsewhere. Here, we wish to remember the Man and the character that those who had the good fortune to meet him regularly were able to appreciate, each in their own way, at their own level.

    I myself had written a somewhat biased article showing, nonetheless, that the geometric relationships defined by his analysis allowed for a certain degree of flexibility. I was attempting to « kill the father » after a turbulent stint in his successor’s department. His right of reply, published beneath my article, was scathing and terse. In doing so, I entered the big leagues, because being called a little fool by Mr. Delaire, who asserted the opposite of everything he had always observed, was already in some way a mark of distinction. I held my ground and sent him my data. He replied: « Come see me at my course in Nantes, we’ll arm-wrestle it out… » The invitation sounded like an order.

    A few months later, I attended his course. He had everyone go around the table to introduce themselves. My turn came… I found myself in the uncomfortable position of an amateur chess player facing Kasparov across the board… « Nimeskern, maxillofacial surgeon, Mulhouse. » A spark flashed in his eyes. He turned to me and said quietly: « You’re the one I was waiting for. » And I went back, often. Not often enough.

    One day he handed me his computer and said: « Take whatever you want »… I took everything. I only asked him who had given him permission to use the informal « tu » with me. The old Master shared his knowledge freely.

    One morning, with an orthodontist colleague, we had a 9 a.m. appointment with the Master for various work. We met in front of the building around 8:30, chatting while waiting until 9 to press the buzzer with due rigor and punctuality. 8:35… the phone rings… « Where are you guys? I’m waiting to work! »

    Another time, I gathered all of Moss’s papers to go photocopy them. I could have chosen a different author. He had the works of every author, knew them all by heart, and had met or worked alongside most of the great figures whose exploits he would recount to us.

    Another time, I retrieved precious PDFs the Master had saved, in a now-defunct format, on an obsolete program that only ran on a single machine that sparked when it started up.

    Twice I was invited by the Master to speak at his symposia, including the very last one. I was part of « the Gang, » as Mademoiselle Vernemouze called me and the other disciples who will recognize themselves.

    Another time, I presented to the Master, modestly and in my own words, a way of conceiving and understanding wave-particle duality. He looked at me with a curious expression… I had the impression he was thinking, « This one’s hopeless at cephalometry, but rather original at popularizing science. »

    Another time, I showed him, in his own offices, imaging software that could produce 2D radiographs of the right or left hemi-face, or of a portion of the face, along with all sorts of measurements and manipulations from cone-beam data — everything he had been unable to do because of the technical limitations of his era. The old Master, over 80 years old, stood in front of the screen, thrilled: « Show me that, there, turn it, project the other side, zoom in… I always said it, that’s exactly it, etc., etc. »

    And I remember the group meals shared with him, where he broke the bread of fellowship, where he spoke and we listened.
    And there’s that story about the electric arc that knocked out the patient, the assistant, and the Master — who fortunately woke up before the others — but it’s too long to tell here.
    And we listened attentively, and we laughed, and we felt more alive and cheerful than usual.
    And so many other things…

    My professional experience with Mr. Delaire brings to mind this quote from Emil Cioran:
    « Stuck to the immediate, people feed on vulgarity. What can one talk about with them, if not other men? And even then, only anecdotes, objects, and worries — never ideas. Yet only the concept is not vulgar. But the nobility of abstraction is unknown to them, for, sparing with their powers, they are incapable of expending energy to nourish that which is not: the idea. The vulgar: the absence of abstraction. »

    There are people who see what others do not see. Who see the mechanisms, the muscles, the forces, the balances and proportions, where others see only light and shadow.
    There are people who manage to systematize, to model this vision, in order to reveal the abstraction invisible to others.
    Only the concept is not vulgar. Those of Professor Delaire will nourish our thinking for a long time to come.
    He has joined the world of ideas — which do not exist, and yet are eternal.

    El profesor Jean Delaire nos dejó el martes 29 de noviembre de 2022, en su centésimo año de vida.

    Ya se escribirán y recordarán, en otros lugares, sus numerosos y prestigiosos títulos, trabajos, cargos y distinciones. Aquí queremos recordar al Hombre y al personaje que quienes tuvieron la suerte de encontrarlo con regularidad pudieron apreciar, cada uno a su manera, a su nivel.

    Yo mismo había escrito un artículo, algo sesgado, que mostraba, sin embargo, que las relaciones geométricas definidas por su análisis admitían cierta flexibilidad. Intentaba « matar al padre » tras una estancia turbulenta en el servicio de su sucesor. Su derecho de réplica, publicado bajo mi artículo, fue mordaz y lapidario. Así entraba yo en el círculo de los grandes, porque ser tratado de imbécil, afirmando lo contrario de todo lo que él siempre había constatado, por el Sr. Delaire, ya era en cierto modo destacar. No me amilané y le envié mis datos. Me respondió: « Venga a verme a mi curso en Nantes, lo resolveremos a pulso… » La invitación sonaba como una orden.

    Unos meses después, acudí a su curso. Hizo que cada uno se presentara dando la vuelta a la mesa. Llegó mi turno… Me encontraba en la incómoda situación de un ajedrecista aficionado frente a un tablero, ante Kasparov… « Nimeskern, cirujano maxilofacial, Mulhouse. » Un destello cruzó su mirada. Se volvió hacia mí y me dijo suavemente: « Le estaba esperando a usted. » Y volví, a menudo. No lo suficiente.

    Un día me pasó su ordenador y me dijo: « Coge lo que quieras »… Lo cogí todo. Solo le pregunté quién le había autorizado a tutearme. El viejo Maestro compartía el saber.

    Una mañana, con un colega ortodoncista, teníamos cita a las 9h con el Maestro para varios trabajos. Nos encontramos frente a la puerta del edificio hacia las 8:30, charlando mientras esperábamos las 9h para tocar el timbre con rigor y puntualidad. 8:35… suena el móvil… « ¿Dónde estáis, chicos? Os espero para trabajar… »

    Otra vez, recogí todos los trabajos de Moss para ir a fotocopiarlos. Podría haber elegido otro autor. Él tenía los trabajos de todos los autores, se los sabía de memoria y había conocido o tratado a la mayoría de los grandes autores, cuyas hazañas nos relataba.

    Otra vez, recuperé unos PDF valiosos que el Maestro había guardado, en un formato ya desaparecido, en un programa obsoleto que solo funcionaba en una única máquina que echaba chispas al encenderse.

    Dos veces fui invitado por el Maestro a hablar en sus simposios, incluido el último. Formaba parte de « la Banda », como nos llamaba, a mí y a los demás discípulos que se reconocerán, la señorita Vernemouze.

    Otra vez le presenté al Maestro, modestamente y con mis propias palabras, una forma de concebir y entender la dualidad onda-corpúsculo. Me miró con una expresión curiosa… Tuve la impresión de que pensaba: « Este es un negado en cefalometría, pero bastante original divulgando ciencia. »

    Otra vez le mostré, en sus propias instalaciones, un software de imagen que permitía hacer radiografías 2D de la hemicara derecha o izquierda, o de una parte de la cara, y todo tipo de mediciones y manipulaciones a partir del cone beam. Todo lo que él no había podido hacer debido a las limitaciones técnicas de su época. El viejo Maestro, de más de 80 años, de pie frente a la pantalla, exaltado: « Enséñame eso, ahí, gira, proyecta el otro lado, amplía… siempre lo dije, es exactamente eso, etc., etc. »

    Y recuerdo las comidas en grupo compartidas con él, donde partía el pan de la convivencia, donde hablaba y nosotros lo escuchábamos.
    Y está esa anécdota del arco eléctrico que hizo perder el conocimiento a la paciente, a la asistente y al Maestro, quien afortunadamente se despertó antes que los demás, pero es demasiado larga para contarla aquí.
    Y estábamos atentos, y escuchábamos, y reíamos, y estábamos más vivos y alegres que de costumbre.

    Y tantas otras cosas…
    Mi experiencia profesional con el Sr. Delaire me recuerda esta cita de Emil Cioran:

    « Pegados a lo inmediato, la gente se alimenta de vulgaridad. ¿De qué se puede hablar con ellos sino de los hombres? Y aun así, de sucesos, de objetos y preocupaciones, nunca de ideas. Ahora bien, solo el concepto no es vulgar. Pero la nobleza de la abstracción les es desconocida, pues, avaros de sus propias fuerzas, son incapaces de gastar energías en alimentar lo que no es: la idea. Lo vulgar: la ausencia de abstracción. »

    Hay personas que ven lo que otras no ven. Que ven los mecanismos, los músculos, las fuerzas, los equilibrios y las proporciones allí donde otros solo ven claridades y opacidades.
    Hay personas que logran sistematizar, modelizar esa visión para revelar la abstracción invisible para los demás.
    Solo el concepto no es vulgar. Los del profesor Delaire alimentarán nuestras reflexiones durante mucho tiempo.
    Se ha reunido con el mundo de las ideas, que no son, y sin embargo son eternas.

  • Merci pour tout ce que vous nous avez apporté.
    Vous êtes tous les jours présent dans notre esprit.
    Que votre âme repose en paix.

    Thank you for everything you have given us.
    You are in our thoughts every day.
    May your soul rest in peace.

    Gracias por todo lo que nos has aportado.
    Estás presente cada día en nuestros pensamientos.
    Que tu alma descanse en paz.

  • Dynamique, ouvert et passionné jusqu’au dernier instant. Merci pour tout ce que vous avez pu nous transmettre. Votre passion est contagieuse.

    Energetic, open-minded and passionate right up to the very end. Thank you for everything you’ve shared with us. Your passion is infectious.

    Dinámico, abierto y apasionado hasta el último momento. Gracias por todo lo que nos has transmitido. Tu pasión es contagiosa.

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